8 juin 2012

Dina Talaat ou la liberté de danser...

http://images04.olx-st.com/ui/7/79/38/1286727472_127687138_2-week-end-intensif-danse-orientale-avec-la-Cie-Mille-et-Une-Nuits-Vernon.jpg 
Photo: Danser, entre joie de vivre et hypocrisie sociale..

 La journaliste française Claude Guibal a signé, l'année dernière, la préface et la postface de "Ma liberté de danser", un livre qui relate la vie de Dina, une chanteuse égyptienne adulée par les uns et détestée par tant d'autres.

"L'Egypte, pays qui depuis la nuit des temps suscite l'imaginaire et le fantasme. Le Caire représente dignement cette image, la cité aux mille minarets nous invite au rêve face aux pyramides et offre de nombreux mystères, et en particulier celui de la danse du ventre. Les Egyptiens affirment que cette tradition, appelée le raqs sharki, remonte aux pharaons, d'autres prétendent qu'un peuple venu du nord de l'Inde amena cette danse exclusivement féminine il y a dix siècles. Quelle que soit son origine, le raqs sharki marque un rapport au divin, on le pratique pieds nus pour capter les énergies de la terre. Dans le folklore, il suggère les douleurs de l'enfantement et garantit la fertilité. Mais depuis la montée des religieux, cette coutume est sans cesse remise en question. Dina est la plus réputée des gardiennes de cette tradition. Acclamée et sollicitée à travers le monde, elle attire également la colère des rigoristes qui demandent l'interdiction de son art. Cela n'empêche pas Dina de danser et de s'opposer aux valeurs du gouvernement même si exercer son métier l'expose aux plus vives critiques, la police en est d'ailleurs venue à exiger des licences", explique Claude, qui travaille en tant que correspondante à partir du Caire et ce, depuis plus d'une décennie.

Quant à Dina, elle va jusqu'à pousser le trait en s'exhibant dans des tenues de plus en plus attirantes: "Pour tout cela, je sais que je suis encore un rempart ; je sais l'importance de mon combat dans celui des femmes pour leur liberté". Dina nous entraîne, alors, dans le monde nocturne de la capitale égyptienne, au rythme de ses déhanchements et aux sons des percussions orientales. Elle nous livre, dans ce roman, son amour pour cet art immortel, le combat qu'il représente et ses peurs pour l'avenir de son pays qui trébuche actuellement...

31 mars 2012

Chicago, mon nouveau périple littéraire...


Alaa El Aswany, l'auteur de Chicago, le dentiste et le démocrate...


   Photo (DR): La couverture de Chicago d'A.E.A

Aussi volumineux soit-il, "Chicago" de l’Egyptien Alaa El Aswany est un roman qu’on peut qualifier de captivant, si ce n'est que cela. La littérature égyptienne m’a toujours ensorcelé et ce n’est pas demain que je vais arrêter de m’abreuver de ses chefs d’œuvre enivrants.
Revenons à Chicago (le livre, pas la ville) ! Il s’agit de l’histoire d’une jeune égyptienne de 30 ans qui s’est envolée pour Chicago afin de poursuivre ses études en médecine. Fille d’un éminent professeur universitaire à Tanta (Egypte), Chaymae, pour la nommer, est une célibataire légèrement endurcie. Celle qui arbore fièrement son voile islamique dans un pays qui se veut tolérant n’arrive, pourtant pas, à y séduire sa douce moitié. Tantôt accablée, tantôt guillerette, ses états d’âme connaissent des fluctuations pour le moins bizarroïdes et ce, tout au long du roman. Son arme fatale reste, toutefois, sa croyance en Dieu !
De plus, comme à l’accoutumé, Alaa El Aswany sait très bien tenir en haleine son lecteur grâce à son style soigné et "chic". Ses
suspens haletants et ses détails palpitants font que le lecteur tourne plusieurs centaines de pages, d'affilée, sans s’en apercevoir.Autre particularité de ce roman, le narrateur parle, cette fois-ci, des Egyptiens d’ailleurs, ceux de Chicago, ceux que les Cairotes et Tantaouis ont tendance à toiser... A lire les tenants et aboutissants des histoires des personnages, l’on se confond d’admiration et de curiosité. De même, El Aswany détient l’art de transporter le lecteur d’un univers à un autre en un chapitre. Des chassés-croisés des personnages aux itinéraires inextricables. Des difficultés d’intégration à l’appel de la patrie. De la fidélité à sa culture à l’appel des tentations intrinsèques au succès. Bref, du début du roman, jusqu’à sa fin envoûtante.
Aussi, tiraillée entre ses traditions égyptiennes et sa volonté de s’intégrer dans une société occidentale, Chaymae tient-elle tant à garder la tête haute et à ne pas succomber sous le poids des tentations. Ses prières de consultations (Salat Al-Istikhara) la guident et lui permettent de poursuivre son bonhomme de chemin, non sans quiétude. De ce fait, la moralité à déduire de ce succès mondial serait que le retour aux sources nous est inéluctable lorsque le retentissant appel des principes nous accompagne au-delà des frontières de notre pays d’origine. Chaymae serait, alors, le citoyen égyptien avide de succès, mais souvent lié à ses traditions chéries, au point de frôler l'extrémisme, parfois.
Chicago, elle, rappelle vaguement une Egypte qui fait souvent allusion à la "malédiction des Pharaons" (La3nat Al-Fara3ina), même métaphoriquement, à l'instar de la ville américaine qui continue de croire, dur comme fer, en la "malédiction des Améridiens"...
H.B.

15 mars 2012

Les bus halal ou la polémique sarkophage...

L'article est du canard enchaîné qui continue de se déchaîner... Après les boucheries, cantines et botox halal, on en est arrivé à la halalisation des... bus! Et ce n'est pas Nicolas Sarkozy qui dira le contraire. 

Le Canard Enchaîné révèle que le président-candidat aurait, pour sa grand-messe de Villepinte dimanche 11 mars, afin de remplir la salle, affrété des bus séparant les femmes et les hommes de confessions musulmanes. Pour faire le plein, des appels auraient été lancés dans des salles de prières et des messages diffusés selon lesquels François Hollande serait « franc-maçon et prosioniste » et qu’il veut « étouffer la religion ».

 Suite à ces révélations, hors du commun, les jeunes Socialistes ont demandé à l’UMP de se justifier au plus vite en qualifiant le jeu du président de la république de « malsain » et de « dangereux ». La schizophrénie du parti du président-candidat a atteint un niveau sans précèdent.

« Le candidat islamophobe, qui accueille en son sein tant de ministres qui ont manifestement un problème avec l’Islam épouse à des fins politiques les pires travers islamistes, celui de la séparation des femmes et des hommes dans l’espace public. Si les révélations du Canard enchainé se confirment, ce serait, pour le candidat-sortant : non au halal mais oui à la ségrégation », font savoir les jeunes Socialistes au Canard Enchaîné. De même, l’article du journal satirique met en exergue la tentation communautariste permanente de l’UMP qui vise à mobiliser les quartiers populaires autour du fait religieux.

 En outre, l’article intitulé « des bus halal pour Sarko à Villepinte » entrevoit qu’au-delà des explications approximatives, ce sont des excuses que le Président sortant, qui devrait encore être le garant de la constitution, doit présenter aux Français pour avoir « piétiné » la constitution, la laïcité et toutes les valeurs républicaines à la seule fin de faire de la gloriole sur les chiffres de présence à son meeting de lancement de campagne.

Franchement, cela ne m'étonnerait pas d'entendre parler de "trottoirs halal" en France dans les quelques semaines à venir, la course à la présidentielle justifierait tous les moyens burlesques ou presque.